La présence humaine à l'emplacement de Montélimar est très ancienne. Les premières traces sont un ensemble de silex taillés datant de -50000 ans (époque du moustérien).
Le site de Gournier est occupé à partir de -6000 (mésolithique). La civilisation chasséenne s'y développe à partir de -3600 ans. Gournier en est un des lieux marquants.
Après l'arrivée des Celtes, Montélimar devient le territoire des Ségovéllaunes. La capitale de ce peuple celte est positionnée sur les deux promontoires de la ville :
l'oppidum de Géry, lieu de l'ancien confluent du Jabron et de Roubion, et sur l'extrémité de la côte de Narbonne. Sous l'influence de la domination romaine au premier siècle avant JC,
l'emplacement de Géry (Durio de son nom latin)est progressivement abandonné au profit de la ville nouvelle à l'emplacement du centre ville actuel de Montélimar.
La ville change de nom : elle est maintenant associée à Acunum (On doit ce nom initial à la colonie romaine des Acusiens qui, après avoir occupée le Tricastin, s’installa à proximité de la voie romaine qui longeait le Rhône.)
le relais de poste installé près du pont sur le Roubion et qui est signalé par la table de Peutinger. La Via Agrippa sert de schéma
directeur à la ville pour se développer : on y trouve un forum, une basilique civile et des thermes. La petite ville est alimentée en eau par trois aqueducs dont un dessert l'établissement thermal
de Bondonneau où l'on a retrouvé une centaine de petites piscines. Pendant les grandes invasions la ville va se séparer en deux entités distinctes : la ville nouvelle autour du forum et
du promontoire de Narbonne et Acunum qui va fortifier le pont sur le Roubion.
A partir du Ve siècle, des invasions barbares répétées éloignèrent l’influence de Rome et diluèrent le pouvoir central. Commença alors une longue période où de grandes familles
terriennes imposèrent leur propre loi pendant plusieurs siècles.
Il fallut attendre le XIe siècle et l’arrivée de la famille des Monteil pour réunifier la ville. Un siècle plus tard, le seigneur Adhémar de Monteil se fit construire un château fortifié au Bois
de Laud. On nomma sa résidence Montelium Adhemari (le petit mont d’Adhémar), en référence à la colline où elle fut édifiée. En 1328, le nom de « Montelilmart » fut officiellement adopté,
qui se transformera au fil du temps en « Montélimar ». Mais, de nouveaux conflits allaient rapidement faire perdre leur autonomie aux seigneurs des Adhémar. De 1340 à 1383, les droits sur la
ville devinrent propriété de la papauté. Au XVe siècle, la ville fut rattachée à la Couronne de France. Favorite du roi Henri II, Diane de Poitiers s’installa à Montélimar en 1549.
La richissime duchesse se fit bâtir une belle demeure familiale aujourd’hui appelée Maison Diane de Poitiers et qui reste l’un des anciens vestiges phares de l'histoire montilienne.
La Réforme instituée au Moyen-Âge en réaction aux abus de l’Eglise catholique allait marquer le renouveau de la foi et des pratiques chrétiennes, donnant naissance au protestantisme.
Prêché dans le Dauphiné par Guillaume Farel, son culte rencontra en Drôme-Ardèche un écho particulièrement favorable. Dès 1560, fut instaurée l’Église Réformée de Montélimar.
Ce fut le commencement de tragiques guerres de religion durant lesquelles Catholiques et Protestants se disputèrent la possession de la ville. Il fallut attendre la promulgation de l’Édit de Nantes
en 1598 par le roi Henri IV pour que les Protestants recouvrent le droit de célébrer leur culte et de construire leurs propres édifices. Entre 1599 et 1604, Montélimar se dota ainsi d'un temple
protestant. Cette période restera comme la plus riche de l’histoire de la ville : Montélimar devint alors un centre religieux qui rayonnait dans tout le Dauphiné.
Mais, les guerres incessantes menées par Louis XIV au XVIIe siècle marquèrent la reprise des troubles dans la région. En révoquant l’Édit de Nantes en 1685, le souverain de France
plongea le protestantisme dans un siècle de répression. La ville se vida alors de près de la moitié de ses habitants et ses artisans les plus habiles furent contraints de fuir les persécutions.
L’image de Montélimar devint celle d’une cité emmurée dont les accès étaient strictement surveillés, dotée d’une imposante prison transformée plus tard en garnison militaire
(la caserne Saint-Martin). La Porte Saint-Martin, bâtie en 1762-1763 sous Louis XV, est aujourd’hui le dernier témoin de cette période d’austérité. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle avec l’apaisement
des tensions religieuses que la ville sortit de l’isolationnisme et redevint un centre d’attractions régional. Cette période coïncida avec l’essor du nougat. Les débuts de sa fabrication remontent
au XVIIe siècle. Gagnant en notoriété, Montélimar se spécialisa dans la production de la célèbre friandise, qui allait devenir indissociable de son lieu d’origine. Au XVIIIe siècle, Montélimar
se transforma en ville de négoce et développa une activité économique singulière : l’élevage du ver à soie, la filature et le commerce de la soie. La Révolution de 1789 se déroula dans le calme,
les Montiliens accueillant avec faveur les idées nouvelles. La position géographique avantageuse de la ville le long du Rhone stimula le commerce grâce aux voies de transport routier et fluvial.
Montélimar redevint ainsi une ville d'importance dans la région. Lors de la constitution des départements par l’Assemblée Constituante en 1790, elle se porta même candidate avec Valence et
Crest pour devenir le chef-lieu du nouveau département de la Drôme. Après la chute de la royauté en 1792, le pays de Montélimar fut, à l’instar du midi de la France, le théâtre de violences,
de règlements de compte et de vengeances. Les brigands, souvent d’anciens déserteurs, allaient semer la terreur jusqu’en 1824.
Au XIXe siècle, la Révolution Industrielle eut relativement peu d’impact sur l’économie montilienne, encore largement agricole après 1850. La construction du chemin de fer
Lyon-Valence-Avignon ne modifia pas en profondeur le paysage industriel local, dont les activités les plus importantes restaient la chapellerie et la soie. Néanmoins, Montélimar s’ouvrit et
s’agrandît : on démolît les remparts (dont seule la Porte Saint-Martin, bâtie en 1762-1763, a été conservée) et de nouveaux quartiers poussèrent au sud de la ville (Aygu). En 1877, Montélimar
comptait 12.000 habitants. Au début du XXe siècle, Montélimar apparut sur le devant de la scène politique nationale grâce à son maire, Émile Loubet, élu Président de la République en 1899.
Républicain pragmatique, il acquit vite une réputation « d’administrateur éclairé, actif et profondément désintéressé ». En accédant à la plus haute fonction de l'Etat, Emile Loubet couronna
une carrière politique exemplaire, durant laquelle il aura successivement occupé tous les mandats et postes qu’offre le régime républicain. Maire de Montélimar de 1870 à 1899, élu député en
1876, Émile Loubet siègea auprès de la gauche républicaine et participa aux votes des principales lois sur les libertés publiques : liberté de presse, liberté de réunion, liberté d’association
(loi 1901), grandes lois scolaires (loi sur la laïcité 1905). Il occupera le fauteuil présidentiel jusqu’en 1906. Au siècle dernier, Montélimar ne fut pas épargnée par les conflits internationaux.
La Première Guerre Mondiale provoqua même un double traumatisme : les soldats morts au combat (le monument aux morts de la ville fait état de 400 noms) et la chute de l’industrie de la soie,
qui allait s’accélérer durant l’entre-deux guerres. Pendant la guerre de 39-45, la Drôme devint un haut lieu de la Résistance, dont les montagnes du Vercors abritèrent l’un des foyers les plus
actifs. Après une bataille qui fit rage dans les rues montiliennes du 21 au 28 août 1944, la ville fut libérée par les Américains. Lors de la période de reconstruction, la mise en œuvre de grands
chantiers économiques européens modifia en profondeur les villes de la vallée du Rhône. Une ère nouvelle allait commencer pour Montélimar avec le développement des transports,
l’autoroute A7, le canal du Rhône, le TGV et l’énergie hydroélectrique et nucléaire. En 1954, la ville comptait 16.000 habitants, environ 30.000 en 1981 et plus de 35.0000 en 2002. Cette progression
de la population favorisa l'immobilier sur Montélimar qui constitue un marché dynamique source d'emplois.
Aujourd’hui, Montélimar continue de se développer, séduisant de nombreuses entreprises françaises et internationales et affichant un solde migratoire largement positif
(700 nouveaux arrivants chaque année).